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Régulièrement, on a des petits coups de tension concernant l'essence à la Réunion, le mois dernier, c'était les stations service qui grognaient et ne voulaient plus alimenter les voitures en essence, parfois c'est politique, parfois c'est économique...les raisons sont multiples mais le résultat est toujours le même...

D'abord la rumeur. ATTENTION ! La voiture va manquer de carburant, il FAUT faire le plein (c'est aussi vital que l'air et l'eau semble t-il).Les files d'attente interminables devant les stations, les papiers "rupture" qui commencent à s'afficher sur plusieurs stations prises d'assaut. La radio qui est saturée d'appels d'automobilistes nous prévenant que telle ou telle station a du gasoil, telle autre n'en a plus.

Puis la panique. La rumeur a enflé, les informations arrivent : oui c'est la grève illimitée (de tel ou tel acteur lié à l'essence). Là tout le monde s'agite, même les premiers sceptiques...parce que le réservoir est presque vide, parce que chaque jour certains font plus de 100km aller retour pour bosser, etc etc...toutes les raisons se valent.

Et régulièrement, la panique laisse place à une amélioration de la crise "essence" et les anciens grévistes se frottent les mains car durant deux jours, tout le monde a fait le plein.

Sauf que là, cette fois, ça dure. La panique laisse place à la colère de certains qui ne peuvent plus aller travailler. Certains évenements sont annulés, et alors que la grogne enfle, la grève semble tenir (80% de grèvistes cette fois), laissant envisager ce que serait un monde sans gasoil ni essence...

Le ravitaillement en essence est rationné et limité aux seuls véhicules de secours et transporteurs en commun dont les taxis bien sûr (et convoyeurs de fonds, l'argent semble aussi nécessaire que les pompiers...), la police est censée contrôler aux rares stations réquisitionnées qui prend de l'essence, carte professionnelle à l'appui.

Côté usagers, ça grogne, mais ça va plus loin : certains pistent les camions qui ravitaillent les stations, et répandent la nouvelle par la radio ou le bouche à oreille créant des bouchons monstres aux abords de ces stations qui gênent encore plus la circulation. Stations qui sont censées ne pas servir l'automobiliste lambda.

Les chanceux qui ont encore de l'essence roulent sur des routes où la voiture se fait rare, voire même est un luxe, certains chômant, d'autres s'organisant pour covoiturage ou télétravail...Le week-end, les lieux habituellement bondés ont été désertés car mieux vaut économiser son gasoil pour aller travailler ou en cas d'urgence...Et les transports en commun dans tout ça ? C'est bien beau quand on habite en ville, ou quand on est bien désservi, mais à La Réunion, dès qu'on s'éloigne un peu de son logement, c'est impossible de compter uniquement sur les transports en commun : pas de train, pas de tram, seulement des bus, et les places sont déjà en temps normal insuffisantes aux heures de travail (et pas question dans un bus qui va à 90km/h de se serrer comme dans une rame de métro...).

La grève durera peut-être encore un jour, encore une semaine dans le pire des scénarios...mais ensuite, chacun va retrouver son auto et attendre la prochaine grève avec angoisse...car sans essence, la Réunion est complètement bloquée.