Oui c'est bien beau, les randos, les plages mais la vie à Mayotte ne se vit pas seulement dans la nature non ? 

Difficile pour autant de parler des villes, et des villages d'ailleurs, de Mayotte...Déjà parce qu'on n'y a pas passé beaucoup de temps, faut l'avouer, ce n'est pas non plus l'attraction principale à voir...mais ce serait aussi dommage de passer à côté en fermant les yeux.

Car, comme partout, c'est dans les villes que les différences de niveau de vie sont les plus criantes et à Mayotte, les disparités sociales sont bien visibles et en cinq jours, impossible de ne pas les voir, et impossible aussi d'en cerner les contours.

Mamoudzou par exemple, toute nouvelle et belle préfecture, voit se cotoyer de beaux bâtiments officiels : conseil général flambant neuf, nouveau grand marché, banques, administrations, avec des quartiers de cases en tôle qu'on s'attend plus à trouver au Burkina que dans un département français...Idem en brousse où les collèges sont souvent magnifiques dans des endroits reculés. Tant mieux d'ailleurs car ils donnent envie !

Côté architecture, difficile de démêler les codes là encore...La jolie ville de l'Ouest, Sada, ressemblerait presque à une ville du Maghreb, en béton certes parce que le béton, qu'on se le dise, c'est chic et c'est un signe de richesse. Les minarets nous rappellent qu'ici c'est une terre majoritairement musulmanes, si les appels réguliers du muezzin nous l'avaient fait oublier.

sada

 

Très vite de toutes façons, on s'éloigne des villes pour entrer dans des banlieux ou des villages de brousse bien peu éclairés le soir qui abritent des cases en tôle ou des grosses villas de m'zungus (= les blancs).  La tôle a aussi son charme, un poil désuet mais bon, quelles sont les conditions de vie dedans ? Que cachent les barrières en tôle ? Parfois on devine derrière la tôle de vraies cases en dur, en brique bien souvent. 

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Passamaïnty par exemple, à côté de Mamoudzou nous ramène davantage à Madagascar que dans une ville française. 

passaLes villes sont à l'image des routes : on peut trouver de la belle route goudronnée, trait blanc au milieu, panneau d'indication et tutti quanti à la française, puis tomber sur une route secondaire complètement perforée de partout où passer la troisième relève de l'insconscience.

Et comme souvent, c'est à pied qu'on visite encore le mieux une ville, un village, en devinant derrière la tôle des jolis rideaux, en entendant une chanson de zouk sortir de derrière un bananier, en étant témoin d'un quotidien et de son charme local. 

Une découverte à retenir quand même : l'usage qui est fait des conteners : recyclés, réappropriés, réinventés, ces gros cubes métalliques se parent de jolies couleurs pour une nouvelle vie comme ici, un snack en bord de mer : 

snackEt un regret : ne pas avoir eu le temps ni l'occasion de découvrir des vrais bangas, ces logements construits par les adolescents mahorais pour vivre leur puberté en toute liberté, à l'écart du village. Ils les décorent pour attirer la gazelle et apprendre à vivre seul.