Comme c'est à la mode le racisme, c'est tellement facile, quotidien, humain, banal de distinguer des gens par leur couleur de peau. Bon en ce moment, on parle surtout du racisme qu'on connaît en France, avec l'affaire Taubira et tout son tralala mais si on change de point de vue, on verra que le racisme existe partout et sous des formes malheureusement très variées.

Un bon roman (si si ! sur le sujet ça existe) à lire là-dessus : le voilà : 

Source: Externe

Polyte, c'est un mauricien cafre, et son problème à lui, c'est les Malabares, ces Indiens qu'on a ramené et qui là, sont prêts à tout pour acheter aux pauvres Cafres leurs terres. 

Racisme ordinaire face aux derniers débarqués sauf que Polyte, le vieux pêcheur, a également une obsession : il veut un fils. Et pour cela, il se remarie à la soixantaine passée avec la belle et jeune Becca qui lui apportera à coup sûr un héritier. Mais voilà, les années passent, et pas d'héritier. Ah non, ce n'est pas sa faute à lui, le marin aguérri qui a laissé dans chaque port des marmailles. C'est elle. Et voilà qu'un jour, il croît voir l'ombre d'un Indien quitter en catimini sa maison et sa femme donc...La jalousie est alors comme un venin qui prend peu à peu possession de tout son esprit, Polyte est alors obnubilié par l'idée que sa femme le trompe. 

9 mois plus tard, elle accouche. Le bébé ressemble peut-être à Polyte, peut-être à Quincain, le malabare. En tous cas, pour Polyte, c'est clair, ce n'est pas son fils. Et l'enfant grandit avec l'amour de sa mère, la haine de son père, l'amitié de Ram, son voisin malabare, et bientôt l'amour de Quincain. Loin du racisme de son père, l'enfant vit juste une enfance à Grand-Gaube, dans le Nord de Maurice, une enfance de jeux, de pêche, d'école buissonnière.

Le roman, écrit au début du 20ème siècle, nous montre une nouvelle facette de l'île Maurice, au moment où Cafres et Indiens se toisent encore, avant que les Indiens ne prennent l'avantage, avant que les Anglais ne partent. Les descriptions des personnages sont savoureuses, et les paysages laissent rêver, non pas parce qu'ils nous montrent des plages de rêve, mais parce qu'ils nous montrent la mer, les passes dangereuses, les buissons plein d'épines, les étendues sauvages...Maurice avant le tourisme.