Revenons à des choses plus positives après avoir abordé la cuisine burkinabè sans oublier les petites bêtes (ce qui parfois revient au même...)

LA grande richesse du Burkina, c'est avant tout le beurre de karité. Oubliez tous vos préjugés sur le beurre de karité, ce produit est juste génial. Un miracle pour la peau sèche, un bienfait incroyable pour les cheveux. Le seul truc c'est de s'habituer à l'odeur (beurrée), ou de le chauffer avec quelques gouttes d'huile essentielle de votre choix. Mais l'odeur pour moi est agréable, forte mais agréable.

Bon oui, je sais, le beurre de karité, on en trouve partout, et même que chez Nature et Découverte, la boîte est trop belle (http://www.natureetdecouvertes.com/huiles-essentielles-et-bien-etre/cosmetique-bio/soins-corps-et-cheveux/beurre-de-karite-bio-150-g-15141940) sauf que moi ce que j'ai ramené, c'est pas 133€ le kg (prix du site de N&D) mais, accrochez vous... environ 1€ le kilo. 

Oui vous avez bien lu, ça fait mal le commerce solidaire avec tous les maillons de la chaîne qui s'en mettent plein les fouilles (remarquez, peut-être que la boîte coûte cher, et puis business is business...). Au village où nous étions, le beurre de karité n'est absolument pas vu comme une richesse. Les femmes en produisent mais en consomment peu, et encore surtout plutôt sous la forme de savon. Une d'elles par exemple nous demandait comment soigner la sécheresse de ses mains usées par les travaux de pilon, elle ignorait que le karité lui ferait déjà beaucoup de bien...En ville par contre, on connaît bien sûr les bienfaits du karité et les femmes le coupent avec du citron quand elles n'aiment pas l'odeur. Le prix bien sûr n'est pas le même à Ouaga...

Nous on en a bien profité car au village, il y en avait pas mal et c'était la saison mais c'est du boulot quand même à produire.

Et voici la recette : 

Prenez du karité, mangez-le (attention c'est bien sucré, au bout de seulement quelques fruits, souvent on est plein), et gardez le noyau.

Etalez-les et faites les sécher au soleil :

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Au bout d'une journée, il va vous falloir casser le noyau pour en garder l'amande. Ensuite rebelotte, on étale au soleil pour faire sécher : 

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Là, on a été patient, et le soleil a fait sa part de travail. Maintenant c'est aux bras de travailler. On va piller les amandes pour obtenir une sorte de pâte, qu'on va faire ensuite cuire plusieurs fois dans une marmitte en fonte : 

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Voilà, ce n'est pas de la dakatine mais une sorte de crème de karité. Et le principe (mais là ils ont plutôt été discret sur cette étape), c'est de ne prendre que le dessus, en enlevant toutes les impuretés. Et on obtient au fur et à mesure le beurre de karité sous la forme d'une huile jaunâtre qui en se gélifiant avec le frais devient le beurre de karité qu'on connait.

Pour l'utiliser d'ailleurs, mieux vaut laisser fondre entre les doigts une toute petite noisette de karité, ne pas abuser car c'est vraiment très très gras et ça suffit amplement. Pour les cheveux, c'est vraiment miraculeux, il suffit de le laisser poser un peu comme un masque pendant une nuit par exemple (dans une serviette si vous tenez à votre oreiller), le lendemain, un bon shampoing et vos cheveux seront superbes ! 

Notre village était très éloigné de la ville et donc des réseaux commerciaux mais partout ailleurs, le beurre de karité est un commerce florissant, d'autant plus qu'il entre également dans la fabrication du chocolat désormais. Le Burkina, avec son voisin le Mali, est le plus grand exportateur de karité, croisons les doigts pour que cette richesse soit bien distribuée...