On continue la visite du Burkina...

Caractéristique n° 1 : le Burkina c'est plat.

Exit le Piton des Neiges ou le dénivelé de Mafate, au Burkina, nos jambes sont épargnées par le relief :

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Difficile alors de se répérer, et inutile d'espérer des panneaux (niark niark des panneaux en pleine brousse, ça serait complétement irréel). Pas la mer et pas la montagne : mais comment trouver le Nord ??? Bon, on vous dira toujours que le soleil se couche à l'Ouest, autant suivre le soleil alors et puis il suffit d'aller toujours tout droit non ? C'est comme ça qu'au bout de 5 km en direction de Yondé (la grande ville), on a appris qu'on était en sens complètement opposé. Demi-tour, heureusement que comme le petit Poucet, on avait fait des flèches par terre. Cela dit, on apprend peu à peu à trouver nos moyens de repère (l'école, le grand baobab, le forage).

Caractéristique n°2 : même au milieu de la brousse, on est connecté

Mondialisation oblige, il est impossible désormais d'échapper à la connexion ! Vive le réseau ! Enfin, les réseaux, car au Burkina, si Telmob ne capte pas, hop, on change, et on prend son téléphone Airtel...Du coup, tout le monde a plusieurs portables, preuve en image avec la petite Annaelle :

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Oui on commence jeune...et vous savez d'ailleurs les portables que vous rachètent les opérateurs en France en échange de votre Iphone 15, ils font ensuite un beau colis et hop, direction l'Afrique...
Les plus perspicaces se demanderont comment on peut avoir un téléphone au milieu de nulle part, sans électricité ni eau courante. Question de priorité déjà : être joignable est plus important que prendre une douche chaude en tournant un robinet. Et puis ce serait sousestimer la débrouillardise des Africains que de présumer qu'ils n'ont pas l'électricité ! Ils ont bien plus d'énergie que nous avec le soleil qui leur tape sur la tête à longueur d'année ! Le photovoltaïque est aussi arrivé en Afrique, au village, ils se sont organisés autour d'un panneau solaire, pour éviter le gaspillage. Regardez comme c'est beau l'organisation :

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Dans ce foutoir, une personne, Salamata, s'y retrouve. La jeune fille de 15 ans est chargée de prendre les portables en échange de 100FCFA (environ 15centimes d'euro). L'argent sert à la communauté pour l'entretien du panneau solaire, le changement des prises ou toute autre action jugée utile pour et par la communauté. Ah c'est beau !

Caractéristique n°3 : les vilaines bêtes ne sont pas celles qu'on croît !

Pour aller au Burkina, on doit faire tout un tas de vaccins qui nous font craindre le pire...Le palu, la fièvre jaune, même la rage...On s'attend à se retrouver dans un environnement hostile ! On frémit d'avance à l'idée de se faire croquer un doigt par un lionceau voire de se faire mordre par une hyène enragée.

En réalité, les bestioles les plus pénibles (outre les moustiques, on ne doit pas non plus négliger les morts causées chaque année par le paludisme) qu'on a rencontrées n'avaient franchement rien de sauvage. Ok, le coq à 5 heures du matin chaque jour, c'était pas génial. Mais les fourmis, là-bas, ce sont les pires, de vraies sauvages ! Des méchantes assoiffées de sang qui finissent toujours par vous mordre sauvagement la fesse (toujours la fesse). Leur morsure est redoutable, même le baume Marie Rose n'en vient pas à bout...c 'est dire !

Du coup, un peu déçues par l'absence de gros bestiaux, on se met à tenter de reconnaître partout l'animal de la jungle, le roi de la savane, même Timon ferait l'affaire. Peine perdue, je vous défie de trouver les biquettes sur la photo d'en-dessous :

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Et oui, dans la brousse, question de survie, on opte pour le camouflage...Il n'y a que ces crétins de margouillats qui ne l'ont pas compris avec leur tête flashy.

Mais la nuit par contre, c'est autre chose. Sans parler du traumatisme causé par l'attaque d'une chauve souris géante sur ma moustiquaire (je ne peux plus regarder Batman pendant plusieurs mois), essayez d'affronter les hordes d'insectes qui viennent brûler contre vos lampes. Les plus stupides sont à coup sûr les éphémères, sorte de libellule de pacotille qui ne vivent qu'une journée, après la pluie. Elles arrivent par centaines et se jettent sur la flamme d'une bougie sans même crier banzaï lors de leur dernier vol....Stupides bestioles volantes...Plus impressionnantes, les mantes religieuses qui font bien la taille d'un pouce et volettent un peu partout. Sans parler des hannetons ou des criquets qui mesurent parfois jusqu'à 15 cm et vous frôlent l'oreille dans un tonnerre de bzz bzz...

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Je vous laisse en compagnie d'un mille patte dégoutant qui était à deux doigts de me monter dessus...Souvenez vous : c'est pas la petite bête qui va manger la grosse ! (mais quand même euh, ça fait peur)