En Afrique du Sud, difficile de passer à côté des parcs nationaux (on a déjà traversé au moins deux d'entre-eux) mais plus encore, ce sont les réserves naturelles qui suscitent le plus d'envies touristiques. A croire qu'en Afrique du Sud, c'est l'activité number one ! On a le choix c'est vrai en terme de réserves, sans pour autant aller forcément au gigantesque parc Krüger.

Quand on me parlait de Krüger, je n'imaginais pas que c'était aussi grand (la taille du pays de Galles d'après Wikipédia) et je ne comprenais pas non plus tout le cirque qu'on faisait pour une sorte de zoo grandeur nature avec des séjours hors de prix pour près d'une semaine dans le parc. Du coup, et parce que c'est vraiment tout au nord du pays, on a choisi un autre parc, plus petit, celui d'Hluhluwe-Imfolozi (le premier mot, zoulou, se pronone Chlouchlouwi), et on y est resté deux jours. 

Côté logement je m'attendais à dormir à la dure, genre grande canadienne avec lits de camp. ça doit sûrement exister mais nous on était dans une petite réserve privée à côté et on avait droit à ça : 

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Pas très roots faut l'avouer ! 

Dans la réserve privée de l'hôtel, on a pu se promener à pied (pas d'animaux dangereux hormis les serpents, toujours eux) et rencontrer ainsi au détour d'un chemin une belle girafe et ses deux petits. On est restés à se regarder dans le blanc des yeux -après réflexion, les yeux d'une girafe ont-ils du blanc ? - pendant près de vingt minutes. La girafe inquiète mais pas effrayée non plus a patiemment attendu qu'on parte. Plus peureux par contre, ce troupeau de zèbres qui broutaient au loin : 

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Dès qu'on a commencé à se rapprocher, messieurs  (et mesdames) ont détalé au grand galop, nous montrant à quel point ils étaient proches du cheval. Regonflés à bloc par tous ces animaux croisés à deux pas de l'hôtel (ou plutôt dire "lodge", ça fait plus classe), on s'est pointé plein d'espoir à l'entrée du parc. Comme d'habitude, on remplit le permis d'accès (payant), on lit bien les consignes de sécurité et notamment ce panneau inquiétant : 

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On ne dira pas ensuite qu'on n'est pas prévenu ! Les morts causées par un éléphant chaque année sont plus nombreuses que celles causées par des animaux du style requins ou autre carnassier...Un éléphant, ça charge, c'est gros, et un véhicule qui lui bouche la voie, c'est un obstacle tout simplement. D'autres règles de conduite sont à tenir, mais plus difficiles à accepter sur une journée : on ne sort pas de la voiture, sauf aux endroits autorisés, on n'ouvre pas les fenêtres, etc etc...Si on résume, faire un "safari" n'a plus rien de l'expédition du siècle dernier, casque colonial vissé sur le crâne rougeaud assorti au short beige ou kaki....On est dans sa voiture, la clim à bloc, vitres fermées et on avance à 40 km/h MAXIMUM sinon on est flashé par les nombreux radards dans les parcs, ensuite on reçoit sa contravention à son retour dans son pays.

Le paysage vaut le coup, on est vraiment dans ce qui nous semble être la savane, il est 9h, c'est sûr on va voir plein d'animaux là dedans : 

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15h de l'après-midi, après avoir vu trois quatre girafes très très loin, et des tâches noires s'apparentant peut-être à des gnous (zoom de l'appareil photo pas très clair), on peut se vanter d'avoir vu...des tortues. Et c'est tout. C'est totalement frustrant, désespérant. On piste les points d'eau sur la carte, on essaie les collines pour avoir une vue dégagée, on ne roule même pas à 20km/h (de toutes façons, la voiture de location a de la peine par moments sur la piste), et on a même adopté une méthode de sioux, le conducteur à l'avant, le passager à l'arrière pour quadriller le plus d'espace. 

Bah rien. 

On savait qu'il fallait de la patience, d'autant plus qu'on n'est pas habitués, et autant le dire, pas très doués. Mais quand même le temps est long ! Du coup on se dirige vers une cabane d'observation. On sort (enfin) de la voiture pour longer un couloir très sécurisé (on se demande pourquoi, ça fait 6 heures qu'on cherche des animaux et rien), et on atteint une cabane en bois qui donne vue sur un point d'eau. Rien forcément. On restera 30 minutes à fixer bêtement le plan d'eau. A chercher dans un tronc d'arbre un éventuel léopard qui fait la sieste. RIEN DE RIEN ! 

On commence à se dire que franchement, ce parc c'est nul, mieux vaut voir des documentaires animaliers à la télé ! On avance sur la route quand soudain, à 50 mètres de nous, ça :

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Voici maman rhino et son petit qui se promènent en plein milieu de la piste. Bon on a quelques sueurs froides devant la masse de la bête, devant sa corne aussi. On n'a aucun  mérite de les avoir vus, tant pis, on vient de comprendre que dans un parc, si le talent d'observateur compte, c'est d'abord la chance qui prime ! En plus ces rhinos-là, ce sont des rhinos blancs, nombreux dans le parc qui s'est un peu spécialisé là-dedans, mais très très rares ailleurs, en danger. Et ils sont mastocs, on verra plus loin, toujours sur une route, un rhino gris (noir en fait), c'est beaucoup plus mastoc mais petit. Ce qui est très impressionnant aussi c'est que les deux se sont avancésen  jusqu'à notre voiture avant de s'enfouir dans les buissons. Et en deix minutes, plus rien, ils ont disparu !  On comprend pourquoi on ne voyait rien avant, ils ont une capacité à se planquer assez bluffante. 

On se réjouit, on a vu des rhinos ! on a vu des rhinos ! Et là, paf : 

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La grosse masse ! L'éléphant ! Rappelez-vous le panneau à l'entrée, on ne fait plus du tout les malins même si la bestiole est grandiose, majestueuse, tout ce que vous voulez mais surtout dangereuse ! Elle nous regarde en plus, commence à remuer ses grandes oreilles (rien à voir avec les éléphants d'Asie, plus petits et avec des oreilles toutes petites), on identifie un vieux mâle. Mieux vaut déguerpir ! Je passe la marche arrière et regarde dans le rétro avant de piler...Derrière, deux éléphanteaux qui jouent à cache-cache dans les buissons, hop je traverse la piste, hop je la retraverse...Nous sommes cernés ! En même le copain de Babar semble assez paisible, on le voit brouter, avancer. On garde nos distances mais on le suit (je préfère le Babar 2 à ses petits, qui sait combien ils sont derrière) et c'est tout tranquillement qu'il nous amène jusqu'à la route principale avant de se pousser sur le côté. Ouf, on est sauvés, Babar 2 nous dit au revoir avant de nouveau de nous montrer leur capacité à se fondre dans le paysage...

On est content, on a vu plein de trucs, on a abandonné par contre tout espoir de voir des félins qui en plus sortent plutôt la nuit. On se dirige vers la sortie, en chemin, on croisera encore des zèbres, le rhino noir, des vautours, un babouin, des impalas...

Le safari, c'était sympa, mais une semaine, je ne crois pas avoir la patience. On a eu de la chance mais certains ne voient rien pendant une journée ! Au Krüger, les éléphants sont en surpopulation donc on est assuré d'en voir mais bon, à la télé, c'est presque mieux...