Nous laissons donc Port Saint John et sa ruralité tranquille et très dépaysante pour affronter Durban, l'immense port à la réputation sulfureuse, comparée parfois à Chicago...La route est assez difficile, il pleut, il bruine, le brouillard est là aussi et la route grimpe. On décide de faire un détour de 70km pour quitter la route secondaire et retrouver la route nationale car ça devenait compliqué ne serait-ce que de se ravitailler en essence et en nourriture (plus de point sur la carte !). C'est la journée au final qui s'est avéré la plus fatigante sur la route, et aussi là où on s'est le plus trompé quant au temps de parcours. On pensait être en 3-4 heures à Durban, il nous a fallu près de 7h pour l'atteindre ! 

Durban est connu pour être le premier port sucrier du monde. C'est dire...Et on comprend car près de 100km avant Durban et au moins 150 km après Durban, on ne voit que des champs de canne à sucre, sans même avoir conscience d'où ces champs finissent -on longe la côte. On croise également quelques usines sucrières qui feraient pâlir Bois Rouge et celle du Gol, à Saint Louis. Puis le port commence à se dessiner avant même la ville, les grues, les grands entrepots en dent de scie, les bâteaux immenses. On dit qu'il faut aller le voir la nuit ce port si vivant car il s'illumine. 

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Nous on se trompe de route. Normal, avec le détour qu'on a fait...Bref, la route était longue, on l'a déjà dit. Alors au lieu de contourner gentimment le centre ville, on fonce droit dans le tas. Durban a une particularité. C'est une ville dont les dirigeants ont décidé, du jour au lendemain, de renommer toutes les rues avec des noms d'hommes africains. Bon, ça arrive de renommer une rue, par ci, par là. Mais toutes, c'est le méga bordel. Les plans tentent vaguement d'indiquer les deux noms des rues, l'ancien et le nouveau mais la ville n'a plus trop de panneau, ni de rue, ni de direction. Les routes sont larges et c'est l'heure de pointe donc elles sont envahies de monde, ça traverse n'importe où, les minis vans s'insèrent n'importe comment, c'est à peine si les feux servent...En fait, en rajoutant des vaches et des vélos, on se croirait presque en Inde niveau circulation. Mais où sont la propreté et la rigueur suisse du Cap ???

Si on est mauvaise langue, on comprend pourquoi : Durban abrite une très forte communauté...indienne ! ça explique tout ! Enfin les gens ne sont plus ou blancs ou noirs ! Incroyable ! Il existe donc d'autres couleurs de peau ! Et on trouve des papiers par terre ! Et même parfois un brin d'herbe a réussi à pousser sur un trottoir ! Mais que fait la police ? La police, à Durban, elle est bien occupée. Le taux de criminalité n'a rien à envier à celui de Johannesburg et notre hôte nous donne un plan d'un seul quartier de la ville en entourant trois quatre rues "sûres", les autres mieux vaut ne pas s'aventurer (bon il est tard en même temps, la nuit va tomber).

On suit son conseil, on va voir la fameuse Florida Road qui regroupe restaurants, bars, et quelques blancs et indiens. De toutes façons, on ne reste pas assez de temps à Durban mais ce doit une ville qui vaut le coup qu'on s'y attarde. Il y a des temples indiens à visiter, un jardin botanique, des magasins sympas, un cinéma spécialisé dans le Bollywood. L'architecture a changé également, on retrouve des maisons à varangues et à lambrequins. Durban, ça bouge beaucoup et ça attire des artistes, africains pour la plupart, qui créent dans ce mouvement permanent. C'est ici notamment qu'est née la marque ZenZulu que connaissent toutes les lectrices attentives d'Elle décoration. Il s'agit d'objets de déco (principalement des bols, saladiers,..) réalisés en fil de téléphone. C'est vraiment réussi et même si ce n'est pas non plus donné donné (on a payé un petit saladier 17€ mais à l'aéroport il était vendu jusqu'à 30€, pour les grands modèles, comptez beaucoup plus)., c'est original, solide et "eco friendly". Si ça vous intéresse : 

http://www.zenzulu.co.za/p_original.html ou http://www.creativeafricanetwork.com/page/3856/en

Durban, chic et craignos à la fois alors. Une ville moderne quand même qui attire de multiples communautés, enfin un métissage peut-être plus important qu'ailleurs, au moins, un mélange de culture. 

Avant de partir, on admire le stade construit pour la Coupe du Monde et la plage, qui ne nous donne pas envie (il est précisé que les armes y sont interdites...on s'en serait douté) :

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Un dernier regard vers le port puis on s'éloigne vers le pays zoulou, laissant l'Océan Indien si agité ! 

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