Une chose difficile à comprendre quand on revient : pourquoi les gens ne nous fixent plus dans la rue ?

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La chose à observer, en dehors du pull rose de Lesly c'est cet indien sur la droite de la photo, tranquillement installé pour un matage sans discontinu durant plusieurs heures. C'est ça aussi la classe sleeper :) On a tout essayé : on a voulu le fixer pour le rendre "mal à l'aise", peine perdue. On l'a ignoré, ça ne changeait rien, on a rigolé, grogné, montré les crocs. Rien de rien, son regard était fixe.

Quelques aperçus des joies de la classe sleeper :

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le couloir et des couchettes :

 

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Et encore une fois, on compte : deux regards fixés sur nous :) ! C'est dommage on ne voit pas les barreaux aux fenêtres en mode train de déportés. Le principe du sleeper est plutôt malin : les couchettes sont au nombre de trois de chaque côté dont celle du milieu est rabattable ce qui laisse la possibilité d'accueillir bien plus de monde que les six dormeurs supposés. Au plafond, des ventilos nous rappellent qu'à certaines saisons de l'année, ils sont utiles. Là en janvier, ils ne font rien contre l'air gelé qui pénètre par les fenêtres qui ne ferment pas. Outre les futurs dormeurs, le train est peuplé d'une faune assez bigarrée : il y a d'abord le vendeur de thé qui hurle à quatre heures du matin "CHAI cHAI cHAI CHAI !". Il y a celui qui vend des plats étranges. Celui qui passe avec ses seaux pleins de bouteilles d'eau, celui encore qui vend des paquets de chips ou autres. Puis il y a un contrôleur qui ne se laisse pas avoir par votre sommeil et n'hésite pas à vous secouer en pleine nuit pour obtenir votre billet. Intransigeant employé. Il y a enfin ceux qui après votre passage vont ramasser tout ce que vous avez laissé en bon Indien par terre : la poubelle, on connait pas.

Il y a aussi les passagers. Ceux qui dorment et ont l'habitude des sleepers ont avec eux tout le nécessaire de survie : couvertures chaudes, draps, voire oreillers. Ceux là, ils assurent et on les a beaucoup enviés. Il y a ceux qui montent dans le train pour quelques gares (2heures de trajet quand même), ce sont eux qui nous fixent, ce sont eux qui sont aussi bien souvent debout. Il y a les touristes un peu désargentés qui n'ont pas opté pour les meilleures classes (comme les japonaises qui prennent toujours en 1AC : c'est connu le Japon est riche). Et toute cette jungle ferroviaire cohabite en sleeper, sorte de monde à part qui apparaît dans pas mal de films de Bollywood, preuve que c'est une donnée culturelle indienne à découvrir. (le héros de Bodyguard remonte en courant un train pour chercher sa chérie. Il finit par en trouver une autre, toujours en sleeper)

Maintenant je suis sure que vous rêvez de prendre un train en Inde...Il y a quand même un "palace on wheels' avec spa et restaurant à bord, la classe !