Chose promise...

Deux romans réunionnais que j'ai pu lire ici, on les trouve facilement à la Réunion car la bibliothèque universitaire, comme la bibliothèque municipale de Sainte Marie, comme aussi les librairies en ville, proposent toujours un fonds régional d'auteurs inconnus en métropole, qui pourtant ont remporté des prix sur l'île...

img2


Le premier roman est un récit de science fiction un peu particulier puisqu'il se déroule dans un futur réunionnais qu'on espère improbable. Ecrit par le réunionnais Gérald Mercadier, il propose une vision singulière de Mafate polluée devenue mégalopole envahie de métro aérien et souterrain, où le volcan est le théâtre d'une enquête à visée écologique qui confronte le gouvernement réunionnais à des acteurs internationaux, et surtout au journaliste narrateur du livre.
La couverture laisse imaginer le destin du cirque de Mafate, mais Albert Livingstone voyage aussi à Madagascar, qu'il rallie en une heure de vol facilement et où se sont réfugiés dans une bulle d'air tous les riches de l'océan indien. Roman d'anticipation, Mafate City est aussi une enquête, et les deux genres se mêlent pour une lecture agréable qui détonne de l'imaginaire réunionnais.

Le deuxième roman est d'un tout autre style. Joëlle Ecormier, auteure réunionnaise également récompensée par un prix d'ici, raconte avec "Plus léger que l'air" le retour de Joséphine, réunionnaise devenue ultra parisienne, sur son île. Se voulant d'abord insensible aux charmes de son passé, elle cède bien vite à ses souvenirs et le lecteur comprend peu à peu pourquoi la jeune femme s'entraine à nager en apnée en piscine. Ce roman est très facile à lire, il vaut surtout pour ses évocations des paysages réunionnais, peu décrits finalement mais qui permettent à ceux qui sont venus de se souvenir des noms de rue, de plage ou de champs de canne. Les paysages rythment bien le récit et rappellent même au touriste des chemins qu'il a certainement parcourus, vers Saint Gilles et ses plages, vers Saint Denis et le Barachois, ou même dans l'Est vers Sainte Marie.

Sinon, on m'a dit que la littérature mauricienne est d'une grande qualité, pour ma part j'ai lu un très beau roman mais déprimant à souhait : Une affaire de femmes, de Lindsay Collen. Vraiment très bien écrit mais la peinture qui est faite de la société mauricienne est déprimante, surtout du sort réservé aux femmes...